Ecouter cette page...   

ARCHIVES DEPARTEMENTALES DES LANDES

Expositions de documents originaux dans le vestibule de la salle Henri Lavielle
Présentation à l'occasion de la session de janvier 2002

L'enseignement à partir du XIX siècle :
Quelques exemples dans les Landes concernant son application

La Révolution pose le principe d'un enseignement qui ne soit plus sous la tutelle de l'Eglise et qui soit " uniformément réparti et gratuit ". Mais elle n'a pas les moyens de cette politique et il faut attendre une centaine d'années pour que ce principe triomphe.
Au début du XIXe siècle, les gouvernements ne cessent de promouvoir la création d'écoles primaires mais ils ne peuvent pas en assurer totalement le fonctionnement et le contrôle, laissant alors au clergé l'essentiel des prérogatives pour organiser et dispenser l'enseignement.
L'accroissement des ressources de l'Etat, permettant la gratuité et le développement de l'administration, rend possible l'extension de sa tutelle. En matière d'enseignement l'obligation d'ouvrir une école primaire est faite à chaque commune.
 

 La législation scolaire : principaux repères 
 

Loi du 28 juin 1833 - Loi Guizot
Les communes doivent entretenir une école primaire en partie gratuite, la liberté d'enseignement est garantie, bien que le curé continue à contrôler l'école primaire.

Loi du 10 avril 1867 - Loi Duruy
Les communes obtiennent la possibilité d'établir la gratuité totale de l'enseignement primaire, celles de plus de 500 habitants ont l'obligation d'ouvrir une école de filles. Les écoles libres sont soumises à une inspection.

Loi du 16 juin 1881 - Loi Ferry
Tous les instituteurs doivent avoir le brevet. L'enseignement primaire est gratuit.

Loi du 28 mars 1882 - Loi Ferry
L'enseignement primaire devient obligatoire et laïque.

Avec Jules Ferry, l'enseignement primaire devient gratuit, obligatoire et laïque : ainsi triomphe d'une part le principe de la domination de l'Etat sur l'éducation et d'autre part la notion de service public ouvert à tous de 7 à 13 ans.
 

 Les temps de l'école 
 


 
 
 
Durant l'année scolaire, les élèves ne travaillent pas le jeudi. Il faut souligner que la règle n'est pas immuable et souffre parfois des exceptions qui tiennent à la place importante des marchés locaux et au rôle des enfants dans la vie familiale et l'activité de la ferme.
 
 


 
 
 
Le conseil municipal émet le vœu de modifier le jour de congé hebdomadaire et propose de le fixer le mercredi, jour de marché à Peyrehorade. Cette modification permet alors d'assurer une meilleure fréquentation des enfants en classe.
 


 
 

Au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle, on constate un allongement de la durée des vacances scolaires et la durée des grandes vacances est portée à deux mois à partir de 1922. Le cadre ainsi défini demeure néanmoins assez souple. De nombreuses communes demandent à l'inspection académique la possibilité de décaler les vacances au mois d'octobre afin que les enfants puissent participer aux travaux des champs plus nombreux au mois d'octobre qu'au mois de septembre. La justification avancée s'appuie sur les constatations tirées de l'examen des cahiers d'absence qui montrent parfaitement l'importance de l'absentéisme au mois d'octobre.


Le Conseil municipal propose au préfet de modifier les dates de vacances scolaires et de les fixer au mois d'octobre.
L'enseignement est dispensé à raison de 6 heures par jour, 3 heures le matin et 3 heures l'après midi. Les plages horaires de classe sont très souvent aménagées par suite de l'éloignement des élèves ou des habitudes locales en fonction des saisons. Ainsi le début des cours est-il fixé à 9 heures comme le demande souvent les communes.

Le conseil municipal propose de modifier les plages horaires des cours.
 

 Vivre à l'école 
 

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la classe commence à 8 heures par l'appel et la prière collective. Après 1882 (lois Jules Ferry) l'enseignement religieux est banni des écoles publiques et cela entraîne une modification dans le contenu des programmes. Les leçons de morale et l'instruction civique prennent alors une place plus importante. Certaines matières telles que le chant, le dessin, les sciences physiques et naturelles deviennent obligatoires. L'éducation physique est exclusivement réservée aux garçons ainsi que l'éducation militaire. Cet entraînement a pour but de faire des enfants disciplinés , habiles au maniement des armes.



La tenue de l'écolier ne donne pas lieu à une grande fantaisie. D'ordinaire, les enfants portent en hiver une pèlerine ou un manteau et sont munis également d' un béret ou un foulard avec aux pieds des chaussettes tricotées et des sabots. Filles et garçons portent un tablier noir. Les livres et cahiers sont placés dans une musette. Certains établissements exigent la constitution d'un trousseau dans un souci d'uniformité. Ceci représente une charge non négligeable pour les familles.
 
 


 
L'Ecole agricole ménagère des Landes est créée en 1931 par le Conseil général et installée dans les locaux de l'ancien collège de Saint-Sever.
 


 

 Des constructions nouvelles... 
 

Le développement de l'enseignement à partir de l'avènement de la Monarchie de Juillet, en 1830, oblige les communes à se mettre à la recherche de locaux destinés à accueillir les élèves.
Par le passé, l'instituteur utilise le plus souvent une pièce mal adaptée louée à un particulier. La loi Guizot de 1833, en contraignant les communes à devenir propriétaires des écoles de garçons ou des écoles mixtes, favorise un mouvement de constructions nouvelles qui s'amplifie dès 1882, avec les lois Ferry sur l'obligation scolaire.

Ce projet comprend une classe enfantine, une classe pour les filles, un logement pour les instituteurs, des préaux et des dépendances.
 

 Tableau noir et encre violette 
 

Rudimentaires à l'origine, le mobilier et le matériel pédagogique connaissent un net développement en même temps que les écoles primaires se multiplient. La classe prend une physionomie qui prévaut bien au-delà de la première moitié du XXe siècle : l'estrade, supportant le bureau et la chaise du maître derrière lesquels est suspendu le tableau noir, fait face à des pupitres légèrement inclinés, à une ou plusieurs places. Sur les murs sont accrochées quelques cartes de géographie et de sciences naturelles et une table de multiplication. Une ou plusieurs armoires abritent la bibliothèque scolaire et le matériel pédagogique.


 

 Les hussards de la république 
 


Les écoles normales sont entretenues par le Conseil général. L'école normale d'instituteurs est créée à Dax en 1833, mais sa fondation n'a pas donné lieu à une construction nouvelle. Installée d'abord dans des locaux exigus, elle occupe par la suite les bâtiments de l'ancien couvent des Ursulines qui est alors considérablement agrandi et profondément transformé. Il faut attendre 1883 pour qu'un établissement identique destiné aux institutrices soit construit à Mont-de-Marsan. Le corps de bâtiments, construits dans le style de la III° République, soulignés de briques et égayés de grandes fenêtres, est d'un abord très agréable.

Seuls peuvent se présenter au concours d'entrée, les candidats âgés de 16 à 18 ans, pourvus du certificat d'étude primaire. Ils doivent accepter de servir 10 ans dans l'enseignement public ; en cas de départ anticipé, le père ou le tuteur du candidat s'engage à rembourser à l'administration les frais d'études. Mais dès 1888, la nécessité de relever le niveau d'entrée des candidats se fait sentir, et on exige des aspirants l'obtention du brevet élémentaire pour pouvoir postuler au concours d'entrée

L'enseignement dure trois années et porte sur un nombre varié de matières : langue française, mathématiques, morale, histoire et géographie, sciences naturelles, une langue étrangère, sciences physiques, gymnastique, psychologie, pédagogie et musique.

Les garçons reçoivent en outre un enseignement militaire (exercice de tir), pratiquent les travaux manuels et les travaux agricoles. Les filles quant à elles, sont formées aux tâches ménagères (lessive, couture, repassage…)

Durant sa dernière année de formation chaque élève doit passer, en alternance, trois semaines à l'école normale et quinze jours dans une école de la ville. Munis de leur certificat de fin d'études normales (CFEN), les instituteurs et institutrices sont nommés sur les divers postes prévus par l'Inspection académique.
 
 

 Victor Duruy : un novateur 
 

Historien et homme politique français ( Paris 1811 - id 1894), il est nommé ministre de l'Instruction publique par Napoléon III. Occupant ce poste de 1863 à 1869, il contribue à faire adopter d'importantes réformes.

Il choisit les Landes pour implanter un type d'enseignement nouveau destiné à former des cadres pour le commerce et l'industrie. Ainsi est créé le lycée impérial de Mont-de-Marsan, inauguré le 15 octobre 1866. Cet établissement est pourvu d'un corps professoral d'élite, il dispose des meilleurs enseignants de l'ancien collège auxquels viennent se joindre de jeunes professeurs, frais émoulus des concours nationaux. A côté du latin et du grec sont enseignés l'histoire, la géographie commerciale, l'économie politique, la zoologie, la botanique, la géologie…

Victor Duruy montre son attachement à Mont-de-Marsan en se faisant élire en 1867 au Conseil général des Landes dont il assume la présidence en 1869.

Victor Duruy présente les modalités d'enseignement qui seront proposées dans le futur lycée de Mont-de-Marsan.
Imprimer Fermer